|
Le rapport 2011 de l’IFRI (Institut français des relations internationales), le plus connu des think tanks français, se demande si l’on n’est pas en train de basculer lentement dans un monde post-américain. Mais comme l’a expliqué un de ses auteurs, Philippe Moreau Defarges, lors de le conférence presse organisée pour la sortie d el’ouvrage, «parler d’un monde post-américain, c’est aussi dire que celui continue d’être façonner par les Etats-Unis». Car si l’hyperpuissance de Washington peut être remise en question, il n’en est pas de même du statut de superpuissance du pays et même, encore, de seule réelle superpuissance sachant que la Chine progresse extrêmement rapidement en matière économique mais pas autant en matière politique et d’influence sur la scène internationale.
Néanmoins, pour Thierry de Montbrial, directeur et fondateur de l’IFRI, «dans le domaine politique au sens large, il se confirme que multipolarité et hétérogénéité sont des termes qui caractérisent bien le système international émergent, par ailleurs toujours global. (…) Si la multipolarité et l’hétérogénéité du système international peuvent s’affirmer, c’est aussi en raison des difficultés américaines». Pour autant, il reconnait également qu’aucune autre nation ne peut encore disputer la suprématie mondiale aux Etats-Unis en se demandant cependant à quoi peut bien servir une telle position alors que la puissance militaire américaine ne parvient pas à finir les guerres qu’elle a entreprises, que ce soir en Irak ou en Afghanistan.
Sur le plan plus strictement intérieur américain, le rapport Ramses analyse la situation actuelle difficile de Barack Obama qui suscite un peu partout dans le monde une certaine incompréhension. Voilà un président élu il y a moins de deux ans avec une majorité large, ayant une majorité tout aussi large au Congrès, qui a réussi à faire passer des réformes importantes et qui a permis au pays de ne pas sombrer économiquement grâce à un plan de relance de près de 800 milliards de dollars, qui est de plus en plus contesté dans son pays.
Pour Laurence Nardon, suivant en cela de nombreux observateurs, la méthode Obama qui est celle de l’ouverture et du consensus est la raison étonnante de cette situation de désamour. Elle a en effet permis aux extrémistes de gauche et de droite de se déchaîner contre la politique centriste du Président des Etats-Unis et de miner la confiance du peuple envers son leader. D’autant que Barack Obama, plébiscité par les médias lors de sa campagne électorale comme un grand communicateur, a été incapable de faire passer son message dans l’opinion.
Comme l’explique la directrice du département Etats-Unis de l’IFRI, «le président sait écouter patiemment tous les points de vue qui s’expriment dans une controverse, avant de réussir à dégager les éléments communs dans la position des différents protagonistes. Son objectif reste le plus souvent de trouver des compromis pour finier par rassembler les oppositions; sa méthode est de prendre le temps de la réflexion. Aujourd’hui, chef de l’Etat, il cherche à réaliser ces rapprochements entre tous les éléments constitutifs du pays: ruraux et urbains, blancs et minorités, pauvres et riches, conservateurs et progressistes».
Alexandre Vatimbella
Rapport Ramses
Un monde post-américain
Dunod
25 euros |