Benjamin Franklin et la France, Paris et les Français PDF Imprimer Email

Histoire : Grands Hommes

La vie de Benjamin Franklin fut si longue et si remplie que nous avons décidé de vous la présenter sous un angle qui vous concerne.

Né à Boston, il y a 300 ans, Benjamin Franklin y grandit et fréquenta la Boston Latin School, où il apprit le français. Il était non seulement capable de lire le français, mais aussi d’avoir de l’esprit et de faire des mots d’esprit en français. Lorsqu’il arrive en France (décembre 1776), représentant des insurgés américains, il connaît déjà bien notre pays qu’il a visité en 1767 et 1769. De plus, il a été élu membre de l’Académie des Sciences en 1772 et, avec toute l’admiration du XVIIIe siècle pour les scientifiques, on l’appelle “Docteur Franklin”, l’inventeur du paratonnerre.

Après avoir reçu Julien de Bonvouloir, le premier émissaire secret de Louis XVI et de son Ministre des affaires étrangères Vergennes, à Carpenter’s Hall à Philadelphie, il est mandaté par le Congrès. Il part pour la France, mais la Royal Navy, qui patrouille sur toutes les mers adorerait le capturer. Il arrive finalement à filer entre ses mailles et il débarque à Auray en Bretagne du Sud. Craignant d’être en danger par la route la plus directe, il descend vers le Sud, jusqu’à Nantes. Son voyage de Nantes à Paris sera un triomphe. Cet homme de 7 ans fait la route dans un attelage léger et tout le long du parcourt, il avance entre une haie de citoyens et citoyennes français venus voir et saluer le “Docteur Franklin”. Retrouvons sa trace dans Paris :

  • Au 4 Place de la Concorde, il sera le 6 février 1778 avec ses concitoyens Silas Deane et Arthur Lee le signataire du traité par lequel Louis XVI, roi de France, fut le premier au monde à reconnaître l’indépendance des Etats-Unis.
  • Au 56 de la Rue Jacob, il sera avec John Adams et John Jay le signataire du traité par lequel le roi d’Angleterre reconnaîtra l’indépendance de ses treize colonies d’Amérique à la suite de la guerre où 2500 militaires français perdirent la vie.
  • Sur la colline de Chaillot, au village de Passy – maintenant XVIe arrondissement de Paris – Franklin est très présent. Il habita au coin des Rues Scheffer et Raynouard, y reçut de nombreux visiteurs et admiratrices. Il était logé gratuitement par M. et Mme de Chaumont mais, devenu ambassadeur d’un nouvel Etat indépendant, il insista pour payer son loyer. C’est ici qu’il installa le premier paratonnerre et c’est là aussi qu’il créa un atelier pour reprendre son métier d’imprimeur et d’auteur. Il y imprimera les premiers passeports américains.
  • Suivons-le ensuite de la Rue Raynouard jusqu’à la Rue Franklin. A l’extrémité de la Rue Franklin , saluons sa statue d’où le grand sage pouvait voir le Champs de Mars, c’est là qu’en 1790, flotta le drapeau étoilé, présenté pour la première fois hors des Etats-Unis.
  • Nous le retrouvons aussi à la Monnaie, dont le Directeur est Condorcet. L’épouse de cet homme célèbre, que les américains avaient fait citoyen de Newhaven, est Sophie de Grouchy. Cette brillante muse tient un Salon où, elle et Condorcet, accueillent non seulement Franklin, mais aussi Lafayette, Beaumarchais, Thomas Jefferson et Thomas Paine.
  • Enfin, saluons le 16 place Vendôme, où l’expert scientifique, le Dr Franklin, vient enquêter, à la demande du roi, sur les agissements du “Magnétiseur” Messmer.

Les deux autres “experts” français à sa hauteur sont Lavoisier et Bailly, qui sera le premier maire de Paris. Docteur Franklin avait aussi fait un rapport sur l’ascension de Montgolfier en ballon au Bois de Boulogne.

Chez Voltaire de retour de Fernay, Franklin lui présente son petit-fils. Voltaire mit la main sur la tête du jeune homme et accompagne cette “bénédiction” des deux mots “God and Liberty”.

Les Français sont fous de Franklin. Les dames portent des robes appelées “Lightning conductor” en l’honneur de l’inventeur du paratonnerre.

On voit dans tout Paris des chapeaux, des gants, des blagues à tabac “à la Benjamin Franklin”.

Les Parisiens pleurent son départ en 1785 et, à sa mort, en 1790, non seulement l’Assemblée Constituante interrompit ses débats en signe de deuil, mais un immense hommage lui est rendu de la rue du Louvre à la Halle aux Bleds (aujourd’hui la Bourse du Commerce), où 5 000 personnes écoutent les hommages des représentants du roi, de la ville de Paris et des ouvriers imprimeurs.

Terminons par Versailles, où Benjamin Franklin avait osé paraître à la Cour sans perruque et où Louis XVI accueillit son successeur, Thomas Jefferson, en lui disant “Ah, c’est vous qui remplacez le Docteur Franklin”. Jefferon répondit “Majesté, personne ne peut remplacer le Docteur Franklin. Je suis seulement son successeur !”

Et ne manquez pas la rue Franklin qui rejoint la rue Vergennes pour déboucher sur l’Avenue de Paris !

Pour conclure, on ne peut faire mieux que citer Mirabeau, qui salua sa mémoire à l’Assemblée en disant “Benjamin Franklin, le génie qui affranchit l’Amérique et versa sur l’Europe des torrents de lumière. Le sage, que deux mondes réclament”.

 
©2008-2011 Association France États-Unis. Tous droits réservés